23 avril 2008
Se lancer, sauter, voler et ne pas avoir peur...
Elle croyait très fort au destin, aux petites choses qui balisaient un chemin qu'il fallait forcement emprunter. Elle avait acceuillit les nouvelles de monsieur lutin avec inquiétude, avec le gout de l'injustice. Au debut ils avaient dit, nous partons trois jours au bord de la mer. Deauville, marcher sur les planches, s'évader, faire le point. Mais les prix en période de vacances scolaires les avaient stoppés. Probablement sans préavis, il fallait compter. Tant pis ils partiraient a un autre moment...Alors ils étaient restés, avaient fait le point de leur savoir-faire, de leurs désirs, de leurs points faibles aussi parce que ceux là ils ne fallaient pas les oublier parce que sinon ils vous rattrapaient. Tous les deux faisaient le même metier, ça aidait un peu pour mettre les projet en commun. Et de mots en mots, d'idées en idées, former une équipe pour faire ce qu'ils aimaient, ce qu'ils faisaient bien. Lorsqu'il visitait des clients, des DRH en mal de bons candidats, souvent il repartait avec un poste ou même plusieurs. Elle elle savait denicher les talents, bonne chasseuse, elle furetait jusqu'a trouver celui ou celle qu'il fallait. Ils suivaient leurs recrues, s'equerraient, s'inquietaient, s'informaient. C'est ce qui faisait que les clients se rappelaient d'eux: peut etre pas uniquement leur savoir faire, peut etre, surement leur savoir être ; le fait qu'ils traitaient leurs clients et leurs candidats comme ils aimeraient qu'on le fasse pour eux, cela s'appelait peut etre l'empathie . Alors ils y pensaient , se lancer a deux, convaincre encore pour qu'on leur fasse confiance.
18 avril 2008
A contre-courant
Madame Lutine se trouvait souvent a contre-courant. Déplacée, pas tout à fait a sa place. De ses copines, elles se sentaient souvent loin. Les lunettes chanel, gucci, les dernières manolo elles trouvaient cela parfoit jolis, souvent clinquants. Aux vacances aux Bahamas, elle preferait les journées de marche dans le désert, la recherche du temps jadis au fond de l'egypte, loin des bateaux deversoirs de touristes en mal de grandioses. Non non elle ne jouait pas a madame Hautaine trouvant les touristes braillards, pas assez bien pour elle. Juste qu'elle preferait le calme à l'euphorie du groupe, juste qu'elle preferait partager le thé du paysan plutot que le cocktail d'acceuil du 4 étoiles. Certe cela lui avait valu quelques douleurs dorsales au levée d'une nuit passée sur une couche sommaire composée d'une simple natte, mais souvent elle avait trouvé le calme et la serenité dans cette autre monde loin du sien. La tempête qui soufflait sur sa famille en ce moment l'a ramenait vers ses rivages lointains. L'envie de tout bazarder pour partir vers les bazards d'un autre lieu. Ce sentiment très fort de ne pas être a sa place au milieu des Caïmans presque plus dangereux que ceux du Nil. Elle savait qu'il fallait relativiser, prendre du recul, mais revenait alors ses doutes de ne pas être là ou il faut, de ne pas gacher le temps qu'il leur était donné. De faire quelque chose. De ne pas courir a la futilité... Ce matin elle qui ne jouait pas avait valider un ticket de loto. Même si elle ne gagnait rien elle aurait rêvé pour 2 euros ! Acheter un voilier, embarquer et tourner tourner tourner jusqu'au tournis, comme ce jeu que les enfants adorent et qui nous fait perdre nos sens...
17 avril 2008
Les bandits...
L'histoire etait plutot classique, mais elle balayait la maison comme une de ces terribles tornades qui traversent les petites bicoques en bois des iles des Caraibes. Monsieur Lutin avait intégré il y a quelques mois une société bien comme il faut, tout au fond de la sologne. Tout allait dans le meilleur des mondes, monsieur lutin aimait beaucoup ce qu'il faisait, en quelques mois il s'était fait connaitre dans ce petit milieu, tout petit et très fermé. Il rentrait tard parfois, travaillait tard souvent et même le dimanche parfois. Il etait joyeux et trouvait que travailler en Province c'était beaucoup plus agréable que de courir pour attraper le metro, puis courir pour attraper le RER puis courir pour attraper des clients, des candidats, des primes et des nuits blanches...Alors lorsque sans prevenir il est convoqué par la DRH qui l'informe que le gerant est absolllluuuument désssoooolé de ne pas pouvoir être là pour lui annoncer qu'ils ont décidés de mettre fin a sa période d'essai, tout s'écroule....mais pourquoi ? parce que votre salaire est lourd et que nous pensions que les resultats seraient plus rapides. - Oui mais je vous avais dit que les commandes au service RH entrent dans un processus de vente long. - Oui mais bon c'est comme ça !
Monsieur Lutin téléphone a madame lutine, il n'a rien vu venir, il n'avait jamais eu, une remarque, le jour d'avant monsieur le gerant lui tapait sur l'épaule....
Madame lutine lui dit qu'il ne doit pas partir de la société, qu'il n'est plus en période d'essai, a date est dépassée de deux jours ! Dommage...
Monsieur lutin depuis s'est vu convoqué un entretien de licenciement, la lettre etait arrivée pour insufisance professionnelle !!! Insuffisance, ici on rigolait, on rispostait, le dossier etait bien préparé. En face ils manipulaient. Leur avocat avait surement trouvé qu'en effet, l'insuffisance serait dur a prouver, alors ils convoquaient avec huissier pour constater que l'ordinateur contenait des dossiers. Oui oui disait monsieur lutin, se sont des dossiers de travail. PArce que vous savez je travaillais... Sourire...inquietude, ecoeurement, ça arrive souvent que les employeurs fabriquent des fautes pour se debarrasser de leur salarié sans avoir a regler leur trois mois de préavis ?
Ici on se serrait les coudes en esperant que l'honneteté triomphera...
26 mars 2008
Petite reverie...
C'était un mardi, c'était hier...Mme lutine depuis des semaines avançait et reculait, inlassablement. Elle savait qu'elle devait se remettre au travail. Elle se penchait tout au bord du précipice pour regarder en bas, voir la vie qui grouillait et se disait qu'il serait bon de descendre doucement ; mais ce vide lui faisait un peu peur alors vite, elle reculait... Et puis tout doucement sans véritablement s'en rendre compte c'était son amoureux qui préparait, rappelait des clients, l'accompagnait vers de nouvelles activités. Un travail qu'elle pourrait au moins au debut faire de chez elle, parce que maintenant le dieu internet lui permettait de rester connecter avec le monde. Elle avait donc rendez vous chez ce prospect, futur client, elle l'esperait et se retrouvait dans la petite salle d'attente, gentiment assise au bord de la chaise. Dehors, il faisait gris, et la pluie semblait accorder une petite trêve aux piétons qui commencaient à émerger de leurs abris de fortune pour vaquer à leurs occupations, en attendant une autre averse. Et ces pensées s'envolèrent de 25 ans, au maroc chez son grand père, du temps où même pour avoir le téléphone à la maison la bas, il fallait être pistonné, du temps où la meilleure manière de rester connecté était de rejoindre son grand-père dans son Bazar l'après-midi du vendredi, pour écouter les discussions entre lui et ses amis venus le rejoindre à ce rendez-vous hebdomadaire, institué par lui depuis des années, ils commentaient ensemble l'actualité de la médina et se risquaient à débattre de sujets plus généralistes, en essayant de refaire le monde à leur manière. L'ambiance était solennelle dans une grande maison convertie en Bazar pour épater les touristes en quête d'un Kilim rare ou d'un pur Tapis R'bati. Lui s'était approprié une des pièces qui donnaient sur une magnifique fontaine au milieu de l'esplanade principale de la maison. C'était son bureau, soin coin de sieste et sa salle de réception. Il laissait ses convives en plein débat d'idées pour aller voir des clients qui venaient de rentrer avec leur guide, et s'assurer que celui-ci est, non seulement un officiel, mais qu'il est honnête! Et dans un français impeccable, il leur taillait la bavette, leur racontait l'histoire séculaire du Palais AL MANSOUR (c'est comme ça qu'il avait baptisé son Bazar, en référence à l'une des plus célèbres portes de la ville qu'avait construites le Roi Moulay ISMAÏL). Puis, avec une aisance déconcertante, il leur brossait le CV du tapis, de la porte antique ou du pouf authentique, sans jamais parler argent, à tel point qu'à la fin, payer leur nouvelle acquisition n'était plus qu'une formalité. Et le plus important pour ces touristes, était désormais de pouvoir raconter l'épopée de cet objet à leurs proches, une fois qu'il aura pris place dans leur salon. Et elle, elle restait tétanisée, subjuguée et à la fois fiere de la prestation de son grand-père, car au moment où ces touristes sont rentrés dans son Bazar, ils n'avaient, a priori, aucune envie d'acheter un objet de valeur, mais de simples babioles en souvenir de leur périple au Maroc. Et comment vont-ils faire pour transporter un objet aussi volumineux, eux qui sont venus à quatre en R16, ou en bus? Qu'à cela ne tienne! "Laissez-moi votre adresse" leur disait-il, "et je vous expédie cela chez vous, sous quinzaine. D'ailleurs, regardez tous ces colis, ils partent pour Marseille demain matin". Et voilà! Le deal était conclu et les touristes étaient heureux d'être aussi bien servis. Mais ils ne repartiront pas avant d'avoir siroté un verre de thé préparé par ma Grand-mère, Lalla Tam, accompagné de cornes de gazelles juste arrivées du "Ferrane". Une fois les clients partis, Haj ALAMI, c'est comme ça qu'on l'appelait, revenait à ses amis qui ne s'étaient même pas aperçus de son absence, tellement ils étaient absorbés par leur débat. Et ça repartait autour d'un énième verre de thé et un autre thème, en attendant l'arrivée d'un autre client ou d'un groupe de touristes.
Tiens il est déjà 10h00, et ce client qui ne vient pas la chercher, cela fait deja une demi heure qu'elle attend.
Elle ne lui en veut même pas de la faire patienter, cette attente lui a permis de se replonger dans son enfance et de revivre ces instants magiques aux côtés de son Grand-père, que Dieu ait son âme. D'ailleurs et si, l'occasion lui en donnée, dans un prochain petit billet elle racontera, quelques anecdotes de cette période de son enfance, les réunions hebdomadaires familiales entre hommes, celles entre femmes, le rituel annuel de préparation du "khlii", celui de la distillation de l'eau de rose et d'oranger, ou encore la cérémonie de retour du "Haj". Bref! Que des moments de pur bonheur!
Oh mais vite elle entend monsieur le client, elle doit y aller...
10 mars 2008
Nuageux...
Le chemin qu'elle empruntait lui semblait bien différent de ses paysages de sologne aussi plat que la belgique. Elle semblait monter et descendre des collines. Un jour c'était le bonheur ici avec le jardin qui se reveillait, la demoiselle à déposer a l'école, les petits moments de silence, pouvoir se dire que la journée lui appartenait et puis certains jours, elle trouvait ce temps gaché, la solitude lui pesait, elle s'inquietait de petits riens, se sentait coupable de petites choses, elle se disait que peut etre elle ferait mieux de travailler, elle s'occuperait la tête , elle se ferait des amies. Elle se sentait souvent en decalage, pas tout a fait a sa place, pas tout a fait en phase avec les autres. Elle n'etait pas timide mais sa réserve pouvait passer pour de la froideur et elle avait beau faire des efforts, elle avait du mal a se lier. .. Emplie de doutes, elle avait l'impression qu'elle n'avançait plus, que personne ne pouvait comprendre. Elle se balancait doucement en équilibre tel un funambule. Elle avait bien envie de se lancer toute seule dans ce qu'elle savait faire mais elle avait tellement peur aussi de ne pas etre assez forte. Pas facile de se creer une nouvelle vie pas tout a fait nouvelle, mais tellement differente de l'ancienne. Alors il y avait des jours comme celui ci ou comme le ciel son humeur était teinté de ce gris souris, couleur qu'elle aimait tant pour les jolis vetements mais qui l'a paralysait lorsqu'elle s'insinuait en elle...
04 mars 2008
Petits cours...
Tout avait commencé il y a trois ans...un peu plus grande que trois pommes mais bien petite quand même...Elle ne savait alors pas marcher. Elle s'agitait, voyait ses deux petites jambes, ses deux jolis bras, ses adorables mains, mais ne savait pas encore que toutes ses merveilles lui appartenaient.
Un peu plus tard, elle avançait, d'abord par terre, tout par terre, tout contre le sol en rampant, en glissant, puis à quatre pattes.
Et puis un jour, elle s'était elancée, elle savait marcher ! Mais ça n'a pas duré longtemps.
Très vite ses pieds ont voulu courir, tourner et contourner, danser, sauter, bondir puis rebondir encore, se suivre à la queueleuleu sur le bord étroit d'un trottoir, passer de l'un à l'autre sans arrêt, sautiller, pas chassés, en haut, en bas, à gauche, à droite et en diagonale, donner des coups, battre les rythmes, jouer aux essuie-glaces, glisser, frôler, éclabousser, marcher sur les pointes, entre lignes, … jamais ils ne se tenaient tranquilles.
Madame lutine, la trouvait gracieuse mais surement comme toute les petites filles adorées de leur maman. Et puis la semaine dernière, elles avaient rendez vous a 16h00 pour deposer mlle clemence la nièce de mme lutine à son cours particulier de danse. Pendant que mme lutine aidait la petite danseuse a se preparer, mlle lutine s'échappait. Mme lutine la retrouvait dans un studio, son bras s'était levée, sa tête avait tourné, sa jambe virevolté, vers l'intérieur, vers l'extérieur...un petit rebond, puis un autre...et un grand, et puis hop la voila qui s'envolait...elle dansait...sérieuse et souriante, prenant un plaisir satisfait...lorsque tout a coup mme lutine avait vu une femme, une danseuse dans un coin de la grande pièce qui regardait la petite fille, mme lutine avait craint le petit sermon pour sa petite fille et avait donc appelé cette dernière. Mais la danseuse était la directrice de l'école et la professeur, elle lui avait dit de la laisser faire, qu'elle pouvait continuer jusqu'au debut du cours. Quelques minutes plus tard, la mère et la fille se tenaient silencieuse sur la mezzanine pour regarder mlle clemence pendant une heure. Une heure de magie pour toutes les deux. A la fin fin du cours, lorsqu'elles allaient repartir, la directrice attirait mme lutine pour lui demander si elle souhaitait que mlle lutine revienne, mais cette fois ci pour danser, vraiment danser...si tôt ? mais elle croyait que les cours ne debutait qu'a partir de 4 ans et sous certaines conditions ? la directrice insistait mlle lutine était vive, dynamique, gracieuse, elle serait ravie de l'avoir pour élève chaque samedi matin...C'était d'accord, si la demoiselle prenait du plaisir c'était une de ces petite surprise qu'il fallait accepter sans se torturer...
25 février 2008
Un air de printemps...
Le salon de l'agriculture, mme lutine l'avait explorée l'année dernière lorsque ses pas arpentaient encore chaque matin les trottoirs parisiens. Elle y avait emmené sa demoiselle pensant qu'elle y retrouverait cette chaude ambiance de la campagne. Mais la deconvenue avait été de taille....Point de grande ferme, point de chaleur. Ce n'était que gens empressés et bêtes stréssées...Il n'en avait pas fallut plus pour que soit prise la decision de tout faire pour partir loin de la ville, à la campagne, plus près de la terre, des gens et des bêtes. Ils n'avaient pas trouvé la campagne, mais la forêt de sologne et les bêtes avaient pour noms faons, cerfs, faisans et lièvres...mais de leur vie d'avant, madame lutine ne regrettait rien ou presque rien, peut etre le petit café près de la place de la bastille ou le restaurant japonnais ou elle allait au moins une fois par semaine avec son amoureux pour un dejeuner en tête à tête. Cette année, elle avait promis a la demoiselle de lui montrer des animaux de la ferme et pas comme au salon de l'agriculture, des vrais animaux, qui caquetaient librement. Dimanche la sortie avait reunie toute la petite famille et décidement le bonheur était dans le pré.
12 février 2008
Envie de mordre
La journée avait été bien remplie. La bibliothèque de la grande ville avait revelé quelques trésors, le déjeuner entre mère et fille sous un joli ciel bleu avait résoné d'éclats de rire et le grand parc avait permit d'inaugurer la trotinette, cadeau d'anniversaire de mlle gabrielle. Mme lutine aimait cette petite fille qui s'épanouissait doucement, elle aimait la voir partager, la voir consoler et s'inquieter des autres. Elle l'a trouvait douce et attentive. Lorsqu'elles étaient rentrées dans leur maison du fond des bois, le soleil s'était couché, l'intérieur de la coccinelle paraissait tout petit, tout rétrecie, mlle lutine s'était endormie a l'arrière, son mouton enfoui au creux de son cou. Mme lutine sentait son coeur gonflé de cette amour maternelle qu'elle avait découvert tellement fort, sans concession. Arrivée à la maison, elles avaient retrouvé avec plaisir la petite porte qui grinçait, le petit chat qui dormait près des braises de la cheminée, la maison sentait bon le sous bois et la cire. Elles étaient montées pour se changer et c'est lorsqu'elle lui avait retiré sa petite chemise qu'elle avait avait vu la marque des dents plantés dans son bras. Une méchante morsure bien visible, violette et rouge qui marquait le petit bras. Incomprehension, stupeur... Elle avait questionné la petite fille. Avait reussit a savoir que c'était a l'école, un petit E. Mais pourquoi avait il fait cela ? parce que mlle lutine l'avait approché. Mais qui était ce petit E qu'il ne fallait pas approcher sous peine de se voir mordre ? La photo de classe lui avait révélé que petit E etait un petit garcon avec "quelques problèmes", celui qui ne venait que le matin...Mme lutine questionnait la petite fille. Pourquoi n'avait elle rien dit ? et la maitresse le savait elle ? si oui pourquoi n'avait elle rien dit a mme Lutine ? La jolie journée venait de s'assombrir, les emotions s'entremelaient, colère, tristesse...
05 février 2008
Se cacher
mme lutine en etait sûre, il y avait dans ce monde moulte bonnes gens tout comme sa famille qui appreciaient plus les anciennes lip aux nouvelles Rolex, les vieilles demeures aux maisons d'architecte et les belles passions aux mauvaises ambitions. Ces derniers temps les sondages lui prouvaient qu'elle avait raison de ne pas abandonner ces idées surement pas surannées de liberté, d'égalité et de fraternité. Il n'y avait pas très longtemps elle avait desespéré de trouver un monsieur plombier qui daignerait se deplacer pour lui arranger ce petit goute a goute de rien du tout qui lui mouillait les pieds a chaque fois qu'elle entrait dans sa salle de bain. Elle pestait face aux réponses de refus pour cause d'emploi du temps surchargés, trop petite intervention et repondeurs sourds à ses demandes. Mais elle croyait bien que monsieur Soum le papa du petit Hoan, copain de la classe de mlle lutine travaillait dans ce secteur d'activité hautement demandé...Elle lui parla de son problème à la sortie de l'école et sans plus attendre mr Soum suivit la coccinelle de mme lutine, direction la maison du bois. Mme Lutine n'en revenait pas de tant de gentillesse...Existait il encore quelques bonnes ames ??? La fuite fut réparée. Monsieur Soum ne voulait rien en échange "service de copain d'école" disait il. Mme lutine insista...sans succes monsieur Soum se fachait. Finalement le rendez vous fut prit pour un diner en famille le samedi suivant. La soirée était sous le signe de l'exotisme, on parlait de ce loin pays qui avait été le leur, qu'ils avaient du fuir pour ne pas mourrir...Là-bas il était ingenieur et elle infirmière, aujourd'hui il n'était pas tout a fait plombier puisqu'il n'avait pas vraiment le droit d'etre là et elle vivait de ménages. La famille vivait dans la peur de voir arriver des monsieurs en tenus qui leur diraient qu'ici il n'avait rien a faire, qu'ici c'était un pays de bons et de mauvais et qu'ils faisaient parti des mauvais et qu'il fallait repartir...mais repartir où disaient ils ? c'était ici chez eux, les petits n'entendaient que le francais, leurs amis étaient francais...Mme lutine ce soir c'était allongé tout contre son amoureux et lui avait dit que oui, c'était pour ça qu'elle avait aimé vivre à londres, parce que loin elle ne cotoyait pas cette souffrance au quotidien du mal qui rongeait son pays. Avait elle honte ? oui parfois, souvent de vivre sans s'élever contre tout cela...Que pouvait elle faire ? soutenir un peu a son tout petit niveau , mais c'était si peu...Avait elle peur ? oui beaucoup car que nous reservait demain ?
28 janvier 2008
-2,5
Chacune se protegeait, combattait ses peurs et ses doutes de milles facons. Certaines manifestaient quelques affections de la peau comme si ce qui se passait a l'intérieur voulait s'echapper à l'extérieur , d'autres sensibles au moindre mots se mettaient en colère dès que leur amoureux préferait quitter la table pour aller "travailler" sur l'ordinateur plutot que d'aider à la vaisselle, d'autres encore se taisaient, taisaient puis pleuraient et pleuraient. Mais toutes se construisaient de petites carapaces pour faire face aux petits maux du quotidien, aux petites et grandes déconvenues de la vie...mme lutine avait maintes fois combattu ce petit défaut de confiance en soi, elle rusait, riait, parlait, tellement bonne comédienne que souvent ses amis la trouvait tellement bien dans sa peau, tellement joyeuse, tellement sociable... Longtemps elle s'était demandée pourquoi son corps avait choisi de s'arrondir pour faire face à tous les petits mots maux...Les courbes etaient plus douce que les pics, devenir ronde rendait il donc la vie plus douce ? les douleurs avaient elles plus de mal à parvenir au fond de l'âme ? peut etre qu'une petite bouée permettait de ne pas couler ? En fait, les reponses elle ne les cherchait plus, elle avait cessé de se poser toutes ces questions, ce qu'elle savait c'est qu'elle avait grandit, que son amoureux lui apportait toute la chaleur dont elle avait besoin et qu'elle pouvait donc se debarrasser de ces quelques couches devenus tellement encombrantes. En deux semaines, voila qu'elle s'était delester de 2,5 couches. Des problèmes, des ennuis elle en auraient encore, comme tout le monde, la vie c'était cela mais elle pourrait surement les combattre différement. La route serait longue, caillouteuse, semée d'embuches, elle le savait mais chaque kilo perdu representait une nouvelle borne sur le sentier et chaque borne atteinte la rapprochait de l'arrivée. Al 'arrivée elle ne savait pas trop ce qu'elle trouverait, mais elle sentait que le paysage serait différent et elle s'était promis un joli voyage pour cette année...







