20 septembre 2008
"Un côté te fera grandir, l'autre côté te fera rapetisser"
Quand elle est arrivée ici elle s'est dit qu'il y avait de la magie. La grande forêt qui cachait la maison, le petit chemin qu'il fallait emprunter. A tout le monde elle disait que les arbres ici chantaient, qu'une promenade sous les sous bois suffisait aux plus chanceux, aux plus heureux, pour découvrir le mystère. Ils se racontaient au coin du feu quelques histoires inventées juste pour rêver : "Quelques lutins malicieux qui se perdaient dans les sous-bois avec délice, toutes narines ouvertes… Les friands de cèpes dodus croisant les « fous » de girolles alanguies et charnues... " Toutes ces couleurs qui s'enflammaient, qui oscillaient entre le brun sombre et le jaune rayonnant ne pouvait etre que le tour de quelque magicien malin...
Avec la demoiselle ils aimaient partir a la recherche des traces de ce monde mystérieux qui ne se laissaient voir qu'a ceux qui savent regarder. Hier ils étaient passés par ce chemin, ils en etaient sures, pour le prouver, le petit morceau de bois qu'ils avaient planté. Hier rien ne s'était montré, mais ce matin par la magie de l'elevation et de l'humidité, un petit champignon s'etait manifesté....La demoiselle l'avait remarqué en premier. Subjuguée, elle s'etait baissée, certaine maintenant que ses parents disaient vrai et que dans cette forêt la vie, etait un peu de la magie ...
18 septembre 2008
Mercredi ensoleillé
L'automne avait tapé à leur porte le jour d'avant et le thermomètre avait indiqué 4°...Elle avait dit qu'elle n'allumerait pas la chaudière mais le petit fourneau de la cuisine tournait a plein. Engloutissant les buches les unes derrières les autres, il remplissait bien son rôle fournissant une douce chaleur dans cette pièce qu'ils ne quittaient presque jamais ici. Elles étaient parti à la grande ville après le dejeuner. Leur fidèle coccinelle rechauffée par les rayons du midi laissait entrevoir que l'été n'avait pas dit son dernier mot. Un petit tour à la papeterie chercher la trousse aux deux compartiments demandées par Maitresse Adèle et puis un arrêt au salon de Thé où la spécialité aux amandes les obligeait à se sucer les doigts même si ça se fait pas...Et puis direction le Grand Parc ,rejoindre copine Eleonore. Il faisait vraiment chaud maintenant et le pull etait tombé. Etions-nous encore un peu en Aout...
Les petites filles qui ne s'étaient pas vues depuis quelques semaines rattrapaient le temps échappé. Elles couraient, sautaient. Les mamans devenues proches au fil des rencontres se retrouvaient avec plaisir .
Et puis l'heure du nouveau cours de danse avait approché, il fallait se séparer. L'année dernière la professeure semblait trop dur à Mme Lutine, cette année elle avait préféré un cours plus ludique. Elle pensait qu'à 3ans et demi on pouvait penser a autre chose qu'aux concours et à la compétition, juste aux pirouettes cacahouettes.
Elles avaient été bien acceuillies, celui ci etait le bon....Trois quarts d'heure plus tard elles repartaient sur la petite route de la forêt, juste heureuses de cette journée passée...
16 septembre 2008
Matin
La fraicheur piquante avait envahit la chambre. Le jour ne s'était même pas encore levé mais elle était seule. Il était déjà parti. Elle avait entendue la voiture descendre l'allée, elle l'avait devinée traverser le petit bois.
La rentrée n'avait pas attendu pour reprendre ses droits avec son lot d'obligations et d'horaires.
La nuit avait filé, mais pour la retenir encore, juste quelques minutes, elle avait enfouie sa tête sous la couette. Celle-là était trop vite ressortie....Décidement cet été n'aura pas été bien long.
Puis elle avait posé ses pieds sur le parquet déjà refroidit...
Dans la cuisine le poele ronronnait, le chien dormait tout contre lui. Lui, il n'avait pas perdu de temps pour trouver sa place dans la grande maison, il semblait être là depuis toujours. Pourtant elle se demandait bien ce qu'il avait pu vivre avant, pourquoi il avait été abandonné, lui qui est si gentil. Baptisé Cookie, par la demoiselle, il avait réussit en quelques semaines a faire croire qu'il était né ici.
Sur la table elle avait trouvé la jolie tasse décorée, sa préférée, quelques lignes posées sur un papier pour lui souhaiter une bonne journée.
Elle s'était assise doucement sur la chaise qui grincait, celle qu'il fallait ménager et elle s'était rapellée du petit pain qu'elles avaient préparé à quatre mains en rentrant de l'ecole. Il l'attendait sous le torchon...
Elle s'était alors dis qu'elle aimait ces matins frais, des matins comme celui ci ou tout semblait s'arreter, se ralentir, les informations et les bouchons ne venaient pas assombrir le ciel bleu de la foret. Aujourd'hui, elle avait quelques candidats à rechercher, quelques contrats à honorer, elle avait de la chance de pouvoir le faire d'ici bien à l'abris...
06 septembre 2008
La Rentrée
Il y avait les petites chaises biens ordonnées autour des petites tables, les petits papiers colorés, les gros feutres dans des pots décorés et puis les odeurs des encres bleues turquoises qui flottaient...
Certains petits pleuraient déjà, les coeurs lourds de devoir quitter les bonnes odeurs de leurs mamans. Ce n'était que pour quelques heures mais ça ils ne le croyaient pas.
C'est à trois qu'ils étaient entrés dans la jolie classe, la demoiselle joliment vêtue. Le parquet avait grincé, Madame lutine n'avait pu s'empecher de penser qu'il en avait vu défiler des enfants apeurés. La demoiselle avait reconnue son amie, elle avait laché la grosse main de son papa et était partie...les laissant seuls, un peu plus grands, un peu plus vieux aussi...
Elle ne s'était pas retournée...Tant pis, ils ne lui en voulaient pas. Ils étaient trop contents de la voir prendre son chemin, celui qui est le sien...
02 septembre 2008
Combleux
Ne rien prévoir, ne pas savoir ou les porteront leurs roues. Une valise partagée et quelques envies de découvertes. Un panier de pic-nique qui débordait, des petites tomates, une mousse de thon à tartiner sur la baguette qu'ils acheteraient dans une des délicieuses boulangeries de campagne. Le temps ne gaterait pas leurs envies de cafés en terrasses, de lecture à l'ombre d'un arbre pendant la sieste de la demoiselle.
Samedi, le thé à peine avalé, ils étaient partis sous un ciel dégagé. La Sologne était belle, colorée, dorée. Les kilomètres défilaient, la Loire comme point de répère, sans carte, les fenêtres grandes ouvertes juste pour avoir les cheveux emmelés...Et la découverte, à 30 km de chez eux, d'un endroit où le temps s'était arreté. Le petit village, Port de Paris il y a un peu plus de 50ans et qui avait gardé de ce temps, des petites maisons de mariniers et de pêcheurs, blanches de calcaire, une écluse figée depuis tant d'années et qui semblait attendre quelques peniches chargées de céréales, de vins ou de bois...qui ne viendront pas. Et puis ces bites de fonte qui gardent encore les stigmates des balafres faites par les câbles, choquées ou souquées au gré des montées ou descentes des navires...Un village qui rend nostalgique et joyeux, qui donne envie de s'asseoir à son unique Café pour regarder le soleil se coucher dans les verres du vin rouge des coteaux de la Loire. C'était le dernier week-end avant la grande rentrée, avant ce début de nouvelle année, le moment de prendre de bonnes résolutions, de rêver, se ressourcer pour repartir un peu plus requinqué...
28 août 2008
Tous les deux...
S'il préfère, elle mettra sa jolie robe et s'il fait froid, tant pis...
S'il préfère, elle lui préparera un gratin qui lui rappelle sa ville dorée...
S'il préfère, elle l'appelera plus tard parce que là elle sait qu'elle le dérange un peu. Elle le sait mais ce n'est pas grave elle aura entendu sa voix...
S'il préfère ce soir, elle lui parlera de ce livre qu'elle lit et qu'elle veut lui faire partager, il la questionnera...
Si elle préfère, il l'a retrouvera au village, devant la librairie, en toute fin d'après midi...
S'ils préfèrent, ils iront boire l'apéritif sur la place de la Republique, regarder le soleil se coucher et prendre des nouvelles du vieux louis qui ne sort plus de chez lui...
S'ils préfèrent, ils reviendrons à pieds, les doigts mélangés et se diront que cet été est presque terminé mais qu'il est leur préféré...
25 août 2008
La rentrée...
Elle approche a petit pas avec son lot d'angoisses mais egalement toutes ses joies. Elle marque le debut de l'automne, des journées qui defilent toujours un peu plus courtes, des couleurs qui ternissent doucement. Ici la foret est encore verte mais les quelques feuilles sur le petit sentier qui mene à l'etang ne trompent pas, les petits rongeurs menent un joli balet chaque soirs aux pieds des noisetiers, ils ramassent, trient, accumulent noisettes et glands, ils se preparent...Les paysans d'ici disent que l'été a été court et que l'hiver sera long...Madame Lutine n'en a que faire, elle aime toutes les saisons, le printemps qui reveille la nature, l'été qui assomme, l'automne riche de ses couleurs préférées, les bruns, les chocolats, les ocres et les rouges grenats, et puis l'hiver qui semble tout envelopper dans la forêt, qui offre aux marcheurs quelques merveilleuses découvertes au détour d'un chemin, la visite d'un cerf, la course d'un lièvre...Mais le moment n'est pas encore venu, ici tout semble egalement se preparer, les bonnes odeurs des confitures qui bouent dans le chaudron parfument la maison, les armoires se font belles, les petits sachets de lavande cachés au milieu des draps anciens, le bois qui ne tardera pas a venir s'empiler et la demoiselle qui compte et recompte les nouveaux crayons, les jolis cahiers...Madame Lutine espere que ce dernier trimestre de l'année sera bon, qu'elle pourra faire comme le petit ecureil, qu'elle pourra faire quelques réserves, qu'elle pourra passer l'hiver tranquille, que les affaires se porteront bien, que sa famille et les gens qu'elle aime seront en bonnes santé, qu'elle empruntera le sentier le coeur leger...
15 août 2008
L"amie
Un article lu chez Madame tous les jours dimanche et c'est toute une vague qui vient la submerger, le rouleau devale sur la petite crique a une vitesse fulgurante emportant avec lui les serviettes parasols et autres transats...Le billet de cette dame parlait de l'amitié, de ses petits moments ou l'on se sent comme les deux doigts de la main, seules au monde mais a deux....Madame Lutine avait eu les larmes aux yeux et tout d'un coup elle s'etait sentie si seule....depuis 1 an elle ne cessait de se répeter que ce n'etait pas grave, qu'elle avait monsieur Lutin, sa demoiselle et puis les quelques connaissances de l'ecole....mais tout a coup a la lecture de ce billet des milliers de petites aiguilles etaient venues piquer là ou ça fait mal...il y avait bien madame C. avec qui elle se sentait proche malgré l'ecran et le clavier, mais madame lutine n'avait pas voulu l'encombrer, et elle n'avait pas oser s'imposer...les mails se faisaient rares...et puis s'etait sans compter toutes les anciennes de Paris qui finalement avait fait leur credo "loin des yeux, loin du coeur", alors madame lutine se demandait si finalement tout cela n'etait pas de sa faute, deja toute petite ce statut de fille unique l'avait rendue un peu sauvage, peut etre meme parfois un peu hautaine, comme si elle se suffisait a elle même...elle avait bien essayé ces douze derniers mois mais aucune étincelle pour allumer ce feu qui ne demandait qu'a s'embraser, aucun geste, aucun signe...elle restait desesperement seule...et même si certains jours elle se rassurait en se disant qu'il valait mieux etre seule que mal accompagnée, d'autres elle revait d'appeler sa meilleure amie...juste comme ça pour lui raconter quelques choses sans importances et l'entendre lui dire : "bah tiens j'allais t'appeler justement..."
05 juin 2008
Pouponner...
Tout avait commencé par un intérêt soudain par les poupées qui se reposaient telles des princesses endormies sur le lit de la demoiselle depuis de longs mois. Le préféré c'etait le tout petit bébé, celui qui ressemblait à un vrai, celui qui avait une odeur délicieuse dans son petit pyjama, ses replis dodus et son poing serré. Mme lutine entendait sa petite fille consoler le bébé, le changer, lui donner un biberon et parfois même le gronder pour qu'il dorme...Elle qui n'avait jamais gronder mlle lutine pour qu'elle se laisse bercer par les bras de morphée se demandait d'ailleurs d'ou pouvait venir cette fermeté. Puis il avait fallut emmener le poupon en ballade, et ne pas oublier de l'embrasser le soir...Mais le plus troublant c'est que finalement ce bébé n'avait pas pour maman la jolie demoiselle...Cette dernière avait décrété qu'il etait le fils de mme lutine. Soit qu'il en soit ainsi ! celui ci était tout fait, et ne pleurait pas la nuit ! Benjamin, puisque tel était son nom, etait donc le fils adoptif de mme lutine. Mais ce qu'elle n'avait pas compris, c'est qu'en devenant son fils, il heritait également du titre de petit frère de la demoiselle !
Cette pensée lui avait été revélé lorsque la maitresse de la demoiselle lui demanda confirmation de la place d'enfant unique de son élève...Mlle lutine parlait si souvent de son petit frère "benjamin" que la maitresse se demandait si un petit n'avait pas fait son apparition dans la famille... Une discussion était donc née hier soir, allongée toute deux sur le petit lit, mme lutine avait questionné sa fille. La petite avait alors demandé si le père noël pouvait lui apporter un petit frère ou même une petite soeur....a bon entendeur...
04 juin 2008
Instant magique
Ce matin il n'y avait pas d'école pour mlle lutine. Cela ne tombait pas très bien pour mme lutine. Elle travaillait avec acharnement depuis plusieurs jours pour rendre son premier appel d'offre dans les temps. Elle n'avait jamais fait ce travail et ce qui aurait du lui prendre deux ou trois jours lui en prenait 5 ou 6...Ce matin c'etait la dernière ligne droite tout devait partir au courrier du jour. Mlle lutine pas encore assez grande pour jouer toute seule, lire ou s'occuper, mme lutine avait veillé tard pour avancer le plus possible. Elle savait que la matinée serait difficile. Alors elle avait expliqué a la demoiselle qu'elle devait finir son travail et elle lui avait demandé d'être sage...N'osant pas trop y croire...
De son bureau, elle l'apercevait, elle l'entendait. Petites chansons, petites histoires, les minutes s'egrenaient et la petite s'occupait...mme lutine elle s'étonnait...et puis le silence...la demoiselle s'était endormie, le sourire aux lèvres... Cela n'arrivait jamais, même tout bébé cette enfant ne dormait qu'aux heures de la nuit...C'etait un peu magique de la voir s'abandonner en pleine matinée.


















